Protégé : La Madonne de Dampvalley-lès-Colombe

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Stage “La géobiologie ressource au quotidien”

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Je fais un rêve

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C’est une journée ensoleillée de début d’été. À l’ombre du tilleul, bercé par le chant des oiseaux et des enfants qui courent dans tous les sens, mes yeux sont mi-clos pour mieux filtrer les rayons puissants du soleil et ressentir plus intensément la vie qui jouit ici.

Tels des étourneaux, les enfants reviennent sous l’ombre apaisante du grand arbre, pour une pause inattendue. Le plus grand de la troupe prend soudain conscience de ma quiétude et demande à voix douce : « Tu médites Grand-Père ? »

– Je suis avec vous, tout va bien.

Camille, le plus jeune, encore essoufflé de sa course, me demande soudain :

– Dis Grand-Père, pourquoi sur les vieilles photos les gens avaient l’air triste ou en colère ?

La question de cet enfant d’à peine huit ans me fit faire un bon de quelques décennies en arrière…

– Les hommes et les femmes souffraient beaucoup, dis-je. Peu s’épanouissaient. Mais moins nombreux encore comprenaient que la source de leur mal-être était celui de leur propre cœur.

Anaëlle, de deux ans l’aînée de Camille, s’étonne alors :

– Personne ne leurs expliquait ?

– Si bien sûr, mais tu sais, il faut parfois du temps. Et la peur est souvent paralysante.

– Mais la peur de quoi ? S’étonna à son tour Jean. Jean est l’aîné de la tribu, de ses treize ans il est important pour lui de toujours montrer l’exemple à ses cousins.

– De beaucoup de choses, avançais-je.

– De la guerre ? Proposa Anaëlle.

– Oui, mais pas seulement. Je vais vous partager un souvenir.

Une femme pour qui j’ai beaucoup d’affection c’est confiée un jour à moi en me disant ceci : « Ma maman ne m’a jamais dit qu’elle m’aimait. ». Sa tristesse m’a profondément touché.

Les enfants me regardaient à la fois stupéfaits et le regard remplit d’une profonde compassion.

Anaëlle, vive comme le feu, réagit alors :

– Sa maman devait lui faire des câlins alors.

– Bien rares en vérité.

À cet instant leurs perplexité était palpable.

Sans plus attendre je leurs expliquais.

– Dans le monde de cette maman, l’Amour ne devait pas être exprimé. Sans doute avait-elle elle-même manqué d’Amour. Quoi qu’il en soit, ses idées, ses croyances, sa vision du monde l’enfermait dans un monde où l’Amour ne s’exprime pas.

– Pourtant, reprenais-je, cette femme qui c’est confiée à moi, débordait d’Amour pour les siens. Voyez-vous comme rien n’est jamais figé ? Mais là n’est pas la réponse à ta question, Camille.

« À cette époque, les Hommes cherchaient plus volontiers à l’extérieur ce qui leur faisait mal. Parmi les croyances – et je les connais bien car j’y ai cru moi aussi -, je peux vous citer en particulier le sentiment d’insécurité et l’apparence. Le sentiment d’insécurité, bien ancré, était lié aux croyances que tout est rare, chers, précaire ; que le danger – extérieur – peut surgir de partout et surtout de n’importe où. Ainsi, le besoin de se protéger, de protéger ses biens, de se méfier de son propre frère était permanent. Si bien que pour préserver une illusoire sécurité, nombreux étaient les hommes et les femmes qui se levaient chaque matin pour exercer un métier qui ne leurs apportaient très peu d’épanouissement. Le tout pour un salaire dérisoire aux vues des besoins absolument nécessaires pour répondre à notre seconde problématique… l’apparence. L’apparence, ce sont les rôles que nous étions prêts à jouer pour répondre au besoin d’appartenir à un groupe. Vous le comprenez, c’est bien d’Amour que nous manquions. »

Je sentais l’écoute attentive des enfants, m’envoyant tout l’Amour qu’ils pouvaient, comme pour m’aider à raconter mon histoire.

« Nous avions un double problème. D’abord, plus notre sécurité semblait acquise, plus le besoin de la préserver nous préoccupait. Et plus notre apparence semblait correspondre à ce que les autres semblaient attendre de nous, moins le masque n’autorisait d’écart… Notre cœur était meurtri. »

« Certains commençaient à percevoir l’absurdité de leur monde et , bien que leur cœur s’ouvrait, ils souffraient de ne pas trouver leur chemin. C’était en quelque sorte les « Chercheurs », mais eux se voyaient plutôt comme des « Paumés » ! Je faisais partie de ceux-là (rires). Leurs croyances s’effondraient et ils ne savaient pas comment s’y prendre pour matérialiser le monde de leur rêve… »

– Vois-tu, Camille, pourquoi les gens pouvaient être tristes ou en colère ?

« Mais si tu cherches un peu plus, tu verras qu’ils y avaient aussi des hommes et des femmes plein d’enthousiasme, s’efforçant de vivre selon leur cœur, inspirants leurs frères et leurs sœurs. Des gens qui, malgré leurs doutes – surtout à propos d’eux-même d’ailleurs ! – tentaient des choses nouvelles, osaient partager leur vision différente, prenaient le risque de changer d’emploi, vivaient d’une manière moins commune… Ce sont ces Cœurs ouverts qui ont touchés d’abord les « chercheurs » et, bientôt, les cœurs les plus enfermés se sont ouverts à leur tour. Ainsi est né, petit à petit, le monde de joie, de partage et d’Amour dans lequel nous vivons à cet instant. »

Dans un élan fraternel, chacun rendait grâce pour le chemin parcouru par l’Humanité.


Toi, mon frère, ma sœur, qui a lu jusque là, et qui croit faire partie des « Paumés », continue d’ouvrir ton coeur car tu inspires l’Humanité toute entière !

Om Mani Padme Hum